La mécanique du hasard :

une rocambolesque histoire

de transmission  inter-générationnelle

Fiona Chauvin et Guillaume Fafiotte / Cie Théâtre du Phare

La pièce "La mécanique du hasard", est une histoire touchante. Elle évoque une solide amitié mettant fin à "une malédiction" qui perdure depuis un siècle. Elle touche la famille Yelnats, du premier du nom, à Stanley lui-même. En effet, le jeune garçon est victime d’un sort dû à une promesse non-tenue par un de ses ancêtres, lequel a failli à la requête d’une gitane, lui demandant de l’emmener au sommet d’une montagne, pour y boire l’eau de la rivière qui coule à l’envers.  Accusé à tort d’être le voleur d’une paire de baskets, celles-ci littéralement tombées sur lui, Stanley est envoyé dans un camp de redressement, où il est alors condamné à “creuser des trous” indéfiniment.

 

Cette pièce, signée Olivier Letellier, adaptée du  roman "Le passage" de Louis Sachard, a pour titre un oxymore. Effectivement, les termes "mécanique", faisant écho à une action logique et orchestrée et "hasard" évoquant l'inattendu, s'opposent. 

 

Ce spectacle très original est composé de quatre temps forts : l’arrivée au camp de Stanley, ses différentes péripéties et pour finir, la reconnaissance, tout cela intercalé de passage de narration créants un sentiment de proximité entre le public et les acteurs. Nous avons aussi remarqué l’utilisation de flashbacks à plusieurs reprises, montrant des passages de l’histoire de Stanley et révélant les origines de la malédiction. Tout d’abord, lorsque Stanley arrive au camp, il est confronté à ses occupants qui se montrent hostiles envers lui : Monsieur-Monsieur et les gardes représentés par une voix et des gestes autoritaires tels que les mains croisées dans le dos ainsi que La Directrice, qui tient des propos violents, symboles de sa misanthropie. De plus, un autre personnage, représenté prétentieux et agressif, participe à montrer l’ambiance menaçante et désagréable du camp : X-Ray. A contrario, Stanley rencontre Hector Zerobini, jeune orphelin surnommé “Zero”, se montrant très attentionné avec lui ce qui, au fil du temps, se traduira par une solide amitié. 

Celle-ci poussant le jeune Yelnats à partir à la recherche de Zero lorsqu’il s’enfuit du camp, confronté à lui-même dans les terres arides du désert. Les deux garçons entreprennent alors de gravir la montagne. Leur ascension est symbolisée sur scène par un art poétique à la croisée de la danse et du cirque : la danse de contact. Cette discipline consiste à exécuter, corps à corps avec son partenaire, des mouvements fluides et lents, ici représentatifs de leur escalade pénible mais soudée de la montagne. 

Pour finir, Stanley met en parallèle l’histoire de ses ancêtres et celle qu’il vit actuellement, la rencontre avec la gitane et la sienne avec Zero, qui ne sont peut-être pas liées au hasard mais à une mécanique savamment orchestrée. La promesse non-tenue de son ancêtre d’il y a un siècle est enfin respectée, la malédiction est donc levée.

Enfin au bon endroit au bon moment, Stanley est reconnu innocent et rentre chez lui, accompagné de Zero. 

 

La mise en scène très astucieuse d'un point de vue technique permet d’embellir ainsi que d’enrichir l’espace scénique. On y trouve un frigo qui occupe tour à tour les fonctions de trou, valise, lit, barque, bureau, camion citerne, montagne et enfin boîte à flashback. Ceux-ci sont également représentés par des changements lumineux, l’éclairage s’estompant des tons jaunes aux tons bleus, donnant une part de mystère au sombre récit qui est conté. La musique joue aussi un rôle afin d’indiquer où et quand les scènes se jouent et traduit des sentiments tels que la peur et l’angoisse.

 

C'est donc une pièce captivante, notamment grâce à l’unique présence de deux comédiens interprétants dix-huit personnages du récit à eux seuls. De plus, les tenues identiques des acteurs participent à plonger le spectateur dans l’univers pénitentiaire de la pièce. Ensuite, l’histoire met en perspective plusieurs thématiques telles que le racisme, la délinquance de la jeunesse… sujets actuels interpellant le public et donc, de notre point de vue, judicieux à évoquer. Pour conclure, la complémentarité et la complicité que nous avons relevées chez les acteurs lors de leur représentation ainsi que lors du bord-de-scène nous a semblé touchante et intéressante à noter. Par exemple, nous avons remarqué qu'ils complétaient leurs phrases et leurs propos pendant notre entrevue, parlaient ensemble, notamment pendant leur jeu sur scène... Nous avons donc voulu en savoir un peu plus sur cette coordination impressionnante. Ainsi, Guillaume FAFIOTTE et Fiona CHAUVIN, nous ont expliqué que cette maîtrise était basée sur “beaucoup de répétitions” et une “respiration synchronisée”.



Emmeline GOISET, Eleanor NDIAMBOURILA, Maéva LEMERCIER.

© 2023 par Troupe de théâtre. Créé avec Wix.com
 

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